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Je ne sais pas quoi dire. Je suis une illustratrice. Les mots, ça n’est pas mon domaine. J’aimerais parler, j’aimerais expliquer. En vérité, j’aimerais hurler.

Moi, dans mon petit coin, je gribouille. Pas des caricatures, pas des dessins de presse, des analyses politiques, des partis pris tranchés. Mon arme à moi n’est pas chargée. C’est un jouet en plastique, un qui fait pas mal. Mon petit truc à moi, c’est d’être contente si je t’ai fait sourire. Parce que dans mes dessins comme dans ma vie, j’ai cette envie de légèreté. Parce que certaines choses sont trop denses, trop épaisses et qu’on n’y arriverait pas si on ne riait pas. Parce qu’on en a besoin. Mais la légèreté, quand on s’y cramponne très fort, pèse forcément un peu plus lourd.

Beaucoup sont morts. Beaucoup sont blessés. Des milliers, par ricochet, souffrent parce que ceux qu’ils aiment souffrent. Ont mal parce que ceux qu’ils aiment ont mal. Paris a mal. Mais Paris, sous ses airs de jeune fille désinvolte, est plus solide que personne ne l’imaginera jamais.

Mes racines corses m’ont souvent fait chérir la devise de mon île : « souvent conquise, jamais soumise ». Aujourd’hui, plus que je ne l’ai jamais été, je suis parisienne, et c’est la devise de ma ville que je voudrais écrire partout, à en recouvrir tous les murs de Paris, « Flotte, mais jamais ne coule ». Nous ne coulerons pas. Nous ne coulerons jamais.

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